En temps de paix, personne n'aime les héros de guerre

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En temps de paix, personne n'aime les héros de guerre

Messagepar L'Observateur » 13 Août 2015, 02:37

Deux semaines plus tôt... Bureau du Général Daken Yssar, Bastion
- De repos, Colonel, c'est de repos dont vous avez besoin ! Ce n'est pas négociable, mon jeune ami !

Le jeune ami en question n'était plus si jeune ; il venait de fêter ses quarante-six ans. Oui, Tibèr Sevirian avait presque un demi-siècle d'existence, et il avait l'âge qu'avait son interlocuteur lorsqu'ils s'étaient rencontré pour la première fois. Ce dernier était installé de l'autre côté d'un splendide bureau en bois massif. Il le méritait, à la vue de toutes les médailles qui s'étalaient sur son torse. Daken Yssar, nouvellement promu Général, avait pris en charge l'avenir de Tibèr après son accident sur Ziost. C'était en 200 Après B.Y., et il avait vu un grand potentiel dans ce brave soldat - pourtant, après les blessures dont il avait été affligé, beaucoup d'officiers avaient pensé que ses plus beaux jours étaient derrière lui. Et ils leur avait prouvé tort...

- J'insiste, Sévirian. Passez un peu de temps avec Eprill et les enfants.

On ne pouvait rien refuser à Yssar, et cette règle empirique s'appliquait toujours à Tibèr, même maintenant qu'il était Colonel. Heureusement, la guerre était finie, les dernières poches de résistance s'étaient rendues ; la galaxie était en paix et l'heure était à la reconstruction. Deux semaines de repos, c'était toujours mieux que d'errer dans les baraquements laissés à moitié vide car beaucoup des soldats qui y étaient autrefois stationnés étaient partis en guerre et n'en étaient jamais revenus...

La veille... A bord du Lame de Pellaeon, Destroyer Impérial
- Ceci ouvre donc la 24e assemblée du Conseil de l'Autorité Légitime. Nous accueillons ce soir un nouveau membre potentiel...

Réunis autour d'une table ronde se trouvaient six individus en uniforme Impérial, quatre Humains et deux Chiss. L'un de ces deux derniers était la cible de tous les regards. Après s'être rapidement éclaircit la gorge, il se leva et se présenta d'une manière très formelle avant de se rasseoir.

- Opérateur 4. Nom de code, Turion.
- C'est donc la nouvelle recrue dont vous nous parliez plus tôt, agent Zagen ?
- En effet, Chimaenov
, répondit l'autre Chiss (Zagen) en joignant les deux mains, les deux coudes posés sur la table. Zagen était plus vieux que Turion, peut-être de vingt ans (un par ride). Il avait le nez tordu, comme s'il avait été cassé à plusieurs reprises. Rien à voir avec le jeune Chiss, qui avait la peau lisse et les traits du visage bien droits, peut-être même trop symétriques. La personne à qui il s'adressait (le dénommé Chimaenov) était un Humain au visage balafré et aux épaules larges et carrées. Ses cheveux blancs étaient rasés sur le côté, et il avait une marque distinctive sur le cou : celle que les Hutts donnaient, de force, à leurs prisonniers.
Il reprit la parole :

- Très bien. Je suis sûr que tu as beaucoup de questions, et les réponses vont venir. Comme tu le sais, nous sommes la faction Anti-Fel...
- Un groupe secret dont même les SSI n'ont pas connaissance
, ajouta un autre Humain - un grand blond qui arborait une moustache bien fournie et un monocle au teint rouge.
- A l'exception de moi-même, et maintenant de notre nouvel invité, Doriper, précisa Zagen à l'homme qui venait d'interrompre Chimaenov, Doriper. Après un "Hum hum" qui ne laissait transparaître aucune frustration, le balafré reprit le cours de son explication :

- Notre groupe a été fondé il y a près de six mois à la fin de la guerre. Nous partageons tous un point commun : nous souhaitons que la famille Fel abandonne ses responsabilités. Les dernières décennies nous ont prouvé que c'est ce qu'il y a de mieux pour l'Empire.
- Et c'est tout à fait légitime
, lança soudain une nouvelle voix. Son propriétaire était un homme d'âge indéchiffrable : il avait le cheveu grisonnant par endroit et un léger début de calvitie, mais son visage avait un teint très vivant, ne présentait aucune imperfection, et était sublimé par de beaux yeux bleus. Il croisa les bras et donna le fond de sa pensée. Souvenez-vous. Ce sont les Jedi qui ont mis Jagged Fel sur le trône. Cette mascarade a assez duré !

Il ponctua son exclamation par un coup de poing sur la table immaculée. Doriper haussa ses épais sourcils et plissa les yeux, une gymnastique physique improbable que vous ne devriez tenter de reproduire qu'en présence d'une équipe médicale. Chimaenov la main dans l'air pour le faire taire.

- Vous avez raison, Ackkor. Les Fel sont le poison, et nous sommes le remède. Avant de continuer, dit-il en se tournant vers Turion, qui écoutait en silence avec la plus grande attention, tu dois nous donner ta parole que tu agiras désormais dans l'intérêt du Conseil de l'Autorité Légitime. Tout ce que tu diras ou feras en dehors de ce Destroyer sera désormais pour notre cause, car notre cause est celle de l'Empire, l'Empire légitime. En acceptant de te joindre à nous, tu renonces à servir la famille usurpatrice, la famille Fel. Quelle est ta réponse ?
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L'assemblée retint son souffle. La tension dans l'air était palpable. Pourtant, malgré les regards inquisiteurs qu'il recevait de tous les côtés, Turion ne semblait ni inquiet, ni hésitant. Il serra le poing de la main droite et se frappa la poitrine avec vigueur avant de répondre très clairement :

- J'accepte vos conditions. Votre mission sera la mienne.
- Une réponse pleine de sagesse
, répondit Chimaenov, car si tu avais décidé de partir après tout ce que tu as entendu, nous t'aurions fait éliminer avant que tu ne fasses un pas hors de cette salle.
- Maintenant qu'il a accepté, il faut lui parler du dernier... détail.


Le dernier membre de l'assemblée venait de s'exprimer. Il s'agissait d'un bel homme, probablement pas plus âgé que Turion, qui dégageait une sorte d'aura noble. Il avait les cheveux bruns et une petite barbe bien taillée. Malgré son jeune âge, il arborait presque autant de médailles sur son uniforme que le reste de ses confrères. Pourtant, il n'avait pas l'air bien dangereux ni menaçant ; c'était à première vue un homme calme et propre sur lui. Le jeune Chiss ne cacha pas sa curiosité lorsqu'il avait évoqué ce "dernier détail". Doriper caressait sa moustache, l'air ailleurs. Chimaenov, les bras croisés, semblait perdu dans ses pensées. Zagen et Ackkor échangèrent un regard suspect.

- C'est exact, Rhedge, murmura finalement Chimaenov en hochant la tête. Turion, tu te demandes peut-être comment nous nous sommes réunis. Bien sûr, avant six mois, nous nous connaissions déjà... De nom, ou de visage.
- Mais nous ignorions que nous partagions une haine commune pour les Fel, expliqua Zagen.
- Avant de recevoir, chacun, un message holographique pré-enregistré d'un homme sans visage et à la voix camouflée. Il disait s'appeler... Darth Wreckar, ajouta alors Ackkor. L'assurance de Turion faiblit très brièvement mais il reprit vite contenance. Il se caressa le menton, attendant la suite...
- Évidemment, nous étions pour le moins... Intrigués. Wreckar a annoncé être un Sith infiltré.
- Je croyais que les Sith infiltrés étaient une rumeur ?
, interrogea le jeune homme. Chimaenov éclata de rire. Il essuya quelques larmes et expliqua :
- C'est ce qu'ils aimeraient te faire croire... C'est une information confidentielle, il n'y a que les officiers de plus haut rang qui sont au courant.
- En revanche, nous ignorions l'existence d'un Sith au sein-même de l'Empire ! Nous en avons découvert plusieurs chez la République, c'est d'ailleurs grâce à eux que le coup d'état a pu avoir lieu...
- Mais chez l'Empire ? Impensable ! En tout cas, c'est que nous croyions. Mais avec du recul, ça paraissait évident...
- Quoi qu'il en soit... Wreckar affirmait être plus Impérial que Sith. Il aurait abandonné les siens bien avant la fin de la guerre. Difficile de le croire, mais ça rendait la suite de son message plus... "acceptable".
- Wreckar nous a dit, à chacun, qu'il nous avait choisi pour renverser la famille Fel... Et remettre sur le trône quelqu'un de plus digne.
- Un militaire à l'esprit aiguisé, comme Thrawn ou Pellaeon.
- De quel droit Leïa Tavira-Fel se proclame-t-elle Impératrice ? Parce qu'elle a eu la chance de naître dans la bonne famille, elle est plus apte à gouverner un Empire vieux de deux siècles ? Balivernes !
- Wreckar nous a donné rendez-vous dans une Maison de Moffs abandonnée sur Bescane. Nous nous y sommes rendus avec appréhension en espérant au moins découvrir le Sith... Et là, nous avons compris que Wreckar avait une longueur d'avance.
- Lui aussi est venu. Mais il est venu sous son identité d'Impérial. Autrement dit...
- L'un d'entre vous est un Sith. Ou, si j'ai bien suivi un ex-Sith.
- Exact Turion. Mais ne te crois pas hors de tous soupçons. Peut être que TU ES le Sith, et que tu as attendu plusieurs mois avant de venir. Nous ne pouvons pas savoir. Sur Bescane, Wreckar avait laissé des enregistrements pour nous guider. C'est ainsi que nous avons pris conscience de son plan, de sa vision... Et nous avons accepté de créer le Conseil de l'Autorité Légitime.
- Nous sommes d'ailleurs sept à être venus sur Bescane. Il y en a deux ont préféré partir avant la fin du premier enregistrement laissé par Wreckar... Ils sont morts le lendemain. Pourtant, ils partageaient nos convictions. Mais ils n'étaient pas prêts à TOUT pour renverser la famille Fel. Il semblerait qu'ils n'avaient pas l'étoffe de ceux qui écrivent l'Histoire... Ils ne manqueront à personne. De toute façon, Wreckar a initié le mouvement, mais nous n'avons pas besoin de lui pour l'instant. Nous jouerons peut-être la carte du Sith plus tard, si nous en avons besoin. Considérons que nous tous, à cette table, sommes avant tout Impériaux.
- Je pense que tout a été dit. Tu sais maintenant dans quoi tu t'engages, Turion.


Cela faisait beaucoup d'informations à accepter en une fois, mais Turion était particulièrement intelligent - même pour un Chiss - et s'adaptait très vite. Il n'eut aucun mal à intégrer ces révélations et il ne montra aucune hésitation après avoir entendu le secret qui liait les membres du Conseil de l'Autorité Légitime. S'il avait eu un effet spécial sur lui, ça n'avait été que de renforcer sa foi dans la faction anti-Fel. Ils avaient les meilleures armes qui soit. Deux agents des SSI, des Amiraux, un Moff, un Conseiller... Et parmi eux, un maître de la manipulation. Turion se doutait que les autres Impériaux devaient craindre Darth Wreckar, et ils avaient sûrement essayé de découvrir lequel d'entre eux il était, en vain. Si ça se trouve, Wreckar était une invention et n'existait même pas. Ou alors, il était bien réel mais il n'avait jamais rejoint le Conseil.

- Je comprends, et je ne regrette rien. Je suis prêt pour ce qui m'attend, annonça finalement Turion pour briser le silence qui était tombé après l'excitation générale suscitée par les explications de plus tôt.
- Bien. Nous te ferons parvenir des rapports sur nos précédentes réunions pour que tu saches ce que nous avons fait. A l'ordre du jour, nous avons : la promotion de Chimaenov, et l'élimination du Général Yssar.
- Tout est en ordre
, annonça Chimaenov avec une joie non dissimulée. La destruction du vaisseau-amiral de Corara a été attribuée au Blazing Chain. On a trouvé aucune preuve de notre implication, comme toujours. Merci aux SSI, me voilà enfin Amiral !
- De rien, répondit Zagen. Il ne reste donc qu'à faire tuer Yssar et le remplacer pour en finir avec nos préparatifs...
- Enfin ! Après six mois, il était temps qu'on passe à la vitesse supérieure... Mais dites-moi, Zagen. Gorgone ne nous posera pas de problème ? Sa succession à la tête des SSI n'était pas prévue...
- ... Je reconnais que notre situation aurait été plus facile si j'avais bien pris la place de l'Hydre après que nous l'ayons tué mais que voulez-vous : Gorgone est la fille de Loghit Vall, le conseiller et meilleur ami du vieux Tavira... Mais ce n'est pas grave, Gorgone n'a pas autant d'assurance que son prédécesseur, et elle est moins rusée. Elle me mange dans la main, et cela revient à dire que je contrôle les SSI. La preuve, en six mois, toutes les traces de nos opérations ont été méticuleusement effacées ou falsifiées.
- Très bien. Revenons en à Yssar. Comment s'y prend-t-on ?
- Hum... D'après mes documents, il est à quai sur Bastion depuis deux mois, et il n'est pas prévu qu'il parte avant au moins... Huit mois.
- Cela n'arrange pas nos affaires...
- On peut très bien le faire tuer sur Bastion. C'est plus risqué qu'en dehors de la capitale ou à bord d'un destroyer mais nous en avons les moyens.
- Dans ce cas, j'aimerai mettre à profit les talents de Turion. C'est un excellent Opérateur, il a assassiné sa part d'agents Hutts ou Républicains, et même quelques Sith...
- Moi ? Si tôt ? J'en serai honoré.
- Puisqu'on veut procéder avec une élimination à l'ancienne, si on trouvait un bouc-émissaire ?
- Pourquoi faire ?
- C'est plus facile et moins suspect que de modifier des rapports pour "effacer" la mort d'Yssar. Il faut juste trouver le candidat idéal.
- J'ai une liste des contacts du Général... Il y a bien quelqu'un qui convient au profil recherché...


Zagen manipula quelques boutons sur le côté de son siège et activa un holoprojecteur pendu au-dessus de la table. Celui-ci diffusa alors les images de plusieurs individus, avec à chaque fois leur nom, grade, position actuelle, et quelques détails comme leurs exploits de guerre ou des particularités physiques ou mentales...

- Kos Danar ? C'est un ami proche d'Yssar, non ?
- Oui, mais il est en mission de surveillance aux abords de l'Empire, ça ne passera pas.
- Angan Darsom... Non, il est encore en unité de soins intensifs... Lannis Bunra... Non, elle est en permission en dehors de l'Espace Impérial... Hum... Nery Jawski... Certainement pas, il n'est pas crédible comme tueur d'Yssar... Oh !
- Quoi ? Ah... Oui, ce candidat là est intéressant.
- C'est un héros de guerre, deux fois vainqueur de Ziost, il a pris part au mouvement de résistance sur Coruscant, il a mené la guerilla sur Bothawui...
- Il a participé à plusieurs opérations contre anti-coalition entre 92 et 202... Et vous voulez faire croire que d'un coup, comme ça, il s'en prend à son supérieur hiérarchique, trahissant l'Empire ?
- Justement. L'histoire du héros de guerre qui n'a plus de raison d'être en temps de paix. N'importe quel prétexte peut lui faire sauter les plombs. Il suffira d'inventer une dispute entre le soldat et son vieux mentor. De faux témoins oculaires l'auront vu partir en courant de son appartement. On lui volera son arme et on la laissera dans une benne à ordures à proximité. C'est parfait ! Et ça va décrédibiliser les Fel. Pensez à la une sur Holonet : "Le tueur du Général Yssar avait reçu la médaille de l'unité et les félicitations de l'Empereur". On le fera exécuter le plus vite possible pour étouffer l'affaire. Et un crime comme ça... On ne remettra pas en question sa culpabilité. On a plus besoin des gens comme lui en temps de paix. Si vous n'êtes pas convaincus que ce soit suffisant, on peut aller jusqu'à faire croire que c'était un agent des Hutts et qu'il agissait dans le dos de l'Empire. Il a perdu plusieurs hommes dans son carrière : notre "enquête" déterminera qu'il les abattu froidement après qu'ils aient découvert son secret.
- Zagen... Ne le prenez pas mal, mais vous êtes un véritable psychopathe. Je suis content que nous soyons dans le même camp.
- Merci.
- Bon... Je ne vois rien à redire. J'aime ce que j'ai entendu. Que ceux qui sont en faveur lèvent la main.
- En faveur
, répondit l'agent Chiss en tendant haut son bras. Les autres Impériaux l'imitèrent, y compris le nouveau membre du groupe. Ils venaient ainsi de signer la mort d'Yssar, et avec elle celle d'un soldat dont le seul tort avait été d'être trop proche du vieux Général. Avant que l'holoprojecteur ne s'éteigne, Turion jeta un dernier regard à l'image projetée, et au nom qui l'accompagnait. Tibèr Sevirian...

Aujourd'hui Casino Impérial Le Fel
La fin de ses deux semaines de repos forcées approchaient. Ahui Tencho avait insisté pour inviter Tibèr au casino et festoyer un peu pour profiter de son dernier jour de permission. Tencho était maintenant Capitaine - un rang de plus que celui que Tibèr avait alors 17 ans plus tôt, lorsque le premier était passé sous le commandement du second. Il avait bien grandi, ou plutôt vieilli... Comme les autres membres d'Aurek, à l'exception de ceux qui étaient disparus ; disparus, mais pas oubliés. L'alcool coulait à flot, et les toasts à la mémoire des camarades perdus étaient légion.

- Aaaaah !, s'exclama Tencho en essuyant son menton plein de mousse d'un revers de manche. Je m'étais pas autant... - Hic - défoncé la gorge que depuis cette nuit pendant la résistance sur Coscurant-rant... - Hic -... quand on a trouvé des caisses de contrebande... Une cave entière remplie de bières Chandrila !!, se remémora le Capitaine en s'esclaffant.

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Capitaine Ahui Tencho...
... Et un verre de trop

Installés à une table de pazaak, les deux soldats ne se doutaient pas qu'un agent des SSI accompagné d'une escouade entière de stormtroopers venait d'entrer dans le casino. Alors que Tencho racontait combien de litres il s'était envoyé ce fameux soir sur Coruscant, l'homme du SSI demandait aux clients à l'entrée s'ils avaient vu un certain individu...

- Lieu - Hic - Lieutenant, demanda-t-il en appelant Tibèr par son ancien grade, vous croyez qu'on... - Hic - qu'on en reboira ? De la bière Chandrila ?
- Doucement sur les bouteilles de Don Felignion, Capitaine, chuchota une Twi'lek en petite tenue en se frottant contre Tencho et en lui glissant la langue dans l'oreille. Un sourire perturbé se forma sur les lèvres du soldat.
- Lieutenant, ça vous arrive... .... .... de repenser à ces longues nuits où on ne trouvait pas le sommeil ?, parvint-il à articuler d'une traite et sans bavure, s'étonnant lui-même.

Les tables alentours s'agitaient. Quelques joueurs de sabaac rassemblèrent leurs jetons précipitamment alors qu'arrivait une patrouille menée par un Chiss en uniforme rutilant. Celle-ci s'approcha de la table où jouaient (ou buvaient ? il y avait plus de verres que de cartes) Tibèr, Ahui, et trois civils sans histoire, accompagnés par quelques demoiselles fort peu vêtues. Le Chiss se racla la gorge et posa une main familière sur l'épaule du Colonel.

- Tibèr Sevirian ?
- Vous... - Hic - vous avez invité des copains, Lieutenant ?
Le Chiss détourna brièvement l'attention de sa proie et regarda Tencho avec un profond mépris. Il reporta son regard sur Tibèr et annonça la raison de sa venue.
- Tibèr Sevirian, veuillez me suivre sans histoire. Vous êtes en état d'arrestation.

Re: Personne n'aime les héros de guerre en temps de paix

Messagepar Tibèr Sevirian (Le Bourreau) » 13 Août 2015, 10:59

Le casino était calme, en dépit des tables de jeu où s'affrontaient des joueurs ravis pour certains, rageurs pour d'autres. Et malgré Tencho, devenu capitaine, qui menaçait d'approcher de son point de rupture. Il avait commencé un toast pour célébrer les camarades perdus au combat : - Et un pour Sedd'kah ! Plus un autre pour Cob...Cobuïr ! Continuait t'il. Plus encore un pour ce connard de Veltiner !!

- Aaaaah ! s'exclama t'il en se remémorant le jour où il était "miraculeusement" tombé sur une cargaison de contrebande : de la bière Chandrilienne. Il s'était enflammé le gosier avec cet alcool fort, si bien qu'il en avait eût du mal à parler pendant plus d'une semaine par la suite.

Cette fois ci, l'homme autrefois grave qu'était Tencho ne se ruinerait peut être pas la gorge, mais écoperait à coup sûr d'une violente migraine le lendemain.

- Lieu - Hic - Lieutenant, vous croyez qu'on... - Hic - qu'on en reboira ? De la bière Chandrila ?

Tibèr se reposa sur le dossier de sa chaise en étirant le dos, et ignorant le fait que Tencho l'avait appelé par son ancien grade, l'alcool faisait sûrement son petit effet. Lâchant un rire bref, et le rire était une chose rare chez cet homme, il répondit :

- Y'a intérêt ! Gardez juste ça pour les perms. Après avoir sifflé autant de bière chandrilienne, vous auriez été foutus de louper un troupeau de bantha dans un couloir !

Accueillant une Twi'lek fort amicale sur ses genoux, le soldat demanda d'une voix qui, étonnement, ne trahissait presque pas l'alcool :

- Lieutenant, ça vous arrive... .... .... de repenser à ces longues nuits où on ne trouvait pas le sommeil ?

Un instant, Tibèr plissa les yeux, comme pour réfléchir ce à quoi Tencho faisait référence. La dureté et l'omniprésence des combats avait gêner le sommeil, sur Coruscant. Et la brutalité des forces d'occupations à l’égard des civils n'avait pas aidé non plus certains à dormir. L'Ancien lieutenant secoua la tête, ce qu'il avait vu là-bas avait attiser un sentiment de colère contre les siths, mais Sevirian n'y pensais que rarement. Durant toute sa carrière, l'impérial avait participé à des assauts brutaux comme à des opérations plus subtils, il avait tué au combat autant que dans des situations qui se rapprochait plus de la mise à mort et de l'assassinat. Tibèr avait fini par développer une carapace. Le colonel Sevirian vît le regard de Tencho dérivait derrière lui, juste avant qu'une main ne se pose sur son épaule.

- Tibèr Sevirian ?

- Vous... - Hic - vous avez invité des copains, Lieutenant ?

Le commentaire attira le regard du Chiss vers Tencho, qu'il lorgna avec mépris. Ce dernier réagit avec une attitude typique de lui : il fixa le chiss avec une expression qui disait "Tu peux de carrer ton mépris où je pense." Mettant un terme à la joute oculaire, le chiss reporta son attention sur Tibèr :

- Tibèr Sevirian, veuillez me suivre sans histoire. Vous êtes en état d'arrestation.

L’intéressé fonça les sourcils. "Vous êtes en état d'arrestation." C'est une plaisanterie ? Il se releva lentement pour faire face au non-humain. Il remarqua alors que l'agent était accompagné par une escouade entière de soldats de choc. Il sentit l'adrénaline se réveiller au plus profond de lui même. "Calme-toi, évalue, prévois, et seulement après agit." se remémora Tibèr, la maxime d'un de ses anciens supérieurs, des années auparavant. Tibèr tâcha de retrouver rapidement son sang-froid, une fois cela fait il dévisagea le chiss avec toute la froideur dont il était capable :

- C'est quoi ces conneries ?

- Ses supérieurs le bizutent, c'est tout ! lâcha Tencho
Aspects : Ancien commando impérial En perdition morale Humain D'une loyauté absolue Froid et calculateur Soldat très expérimenté

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Re: Personne n'aime les héros de guerre en temps de paix

Messagepar L'Observateur » 13 Août 2015, 11:33

Sevirian n'avait rien à se reprocher ; c'était un soldat exemplaire et tous ceux qui avaient passé un peu de temps avec lui étaient d'accord là-dessus. Il était donc parfaitement normal qu'il réagisse comme il le fit en apprenant qu'il était arrêté sans raison apparente. Tencho non plus ne pouvait pas croire que l'agent Chiss était sérieux, et l'alcool n'aidait pas non plus.

- Écartez-vous, ordonna l'un des stormtroopers en s'avançant. Il attrapa le Capitaine par le bras et le traîna à l'écart malgré ses protestations.
- Vous savez qui j'suis ?! Vous avez pas le... - Hic -...
- Ce ne sont pas des conneries
, répondit le Chiss en ignorant l'intervention de l'un de ses hommes. Il n'avait d'yeux que pour Tibèr, et les yeux en question étaient plus menaçant que ceux d'un sanglier-loup en pleine charge. Vous avez été jugé coupable du meurtre du Général Daken Yssar.

Les quelques civils qui n'avaient pas fui la scène regardèrent la table de Tibèr avec des yeux ronds et des visages mortifiés. Une serveuse laissa tomber un plateau et les verres qu'il transportait se brisèrent sur la moquette rouge. A quelques mètres, Tencho s'était immobilisé alors qu'il essayait jusqu'à présent de se dégager de l'emprise du stormtrooper. L'agent Chiss manquait de patience : il décrocha le blaster rangé à son holster et le pointa sur le prétendu meurtrier. S'il plaisantait, alors il allait un peu trop loin.

- Yssar a été retrouvé mort tard dans la nuit. Des témoins oculaires vous ont vu quitter son appartement en trombes, et nous avons trouvé ceci dans une ruelle proche, expliqua-t-il sans cesser de viser Tibèr. De sa main libre, il fit signe à l'un de ses hommes. Un stormtrooper s'avança immédiatement et lui tendit une arme que le Colonel ne connaissait que trop bien...

Ce qu'elle faisait en leur possession alors qu'elle était supposée être dans son casier aux baraquements, Tibèr n'en avait aucune idée. Mais il était forcé de reconnaître qu'il s'agissait bien de son second blaster de service. Bien sûr, il savait qu'il était innocent - mais l'Empire ne faisait pas ces accusations à la légère, ce blaster était forcément le sien et il suffirait de vérifier le numéro de série pour en avoir le cœur net, ce qu'avaient probablement déjà fait les gens qui l'accusaient. L'étau se resserrait lentement sur l'Impérial.

- Allez-vous me suivre sans faire de résistance..., demanda le Chiss après un bref silence, ou devons-nous employer la manière forte ?

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"L'Agent"
Il était bien décidé à ruiner sa journée

Re: Personne n'aime les héros de guerre en temps de paix

Messagepar Tibèr Sevirian (Le Bourreau) » 13 Août 2015, 12:51

Alors qu'on écartait Tencho, une bonne initiative du stormtrooper, pour isoler un peu plus Tibèr de son seul soutien, le Chiss et l'officier impérial se regardaient en chiens de faïence.

- Ce ne sont pas des conneries dit il en insistant sur le dernier mots, comme si il escomptait que la dureté avec laquelle il avait prononcer le mot allait désarçonner Tibèr. Vous avez été jugé coupable du meurtre du Général Daken Yssar.

Deuxième choc de la journée, qui confirmait le premier de surcroît. Quelqu'un quelque part, avait apparemment décidé de ruiner le retour au service du vétéran. Le chiss le toisa d'un regard qui se voulait menaçant, pour la plupart des non-chiss, ces yeux rouges étaient on ne peut plus dissuasifs. Dommage pour lui, Tibèr vivant depuis des années avec une de ses compatriotes. Il avait largement eût le temps de s'accoutumer à cette différence biologique, et ceux d'Eprill avaient presque de quoi faire passer ceux de cet officier aussi inoffensifs que des Anguilles de Carovia. Comme pour signifier que tout cela n'avait rien d'une plaisanterie, il dégaina son blaster et le pointa sur Tibèr anvant de continuer.

- Yssar a été retrouvé mort tard dans la nuit. Des témoins oculaires vous ont vu quitter son appartement en trombes, et nous avons trouvé ceci dans une ruelle proche. Les yeux de Tibèr se tournèrent vers un stormtrooper qui tendait un arme à son supérieur. Il reconnu l'un de ses blaters de service.

- Dites moi, lieutenant, répondit-il d'une voie dangereusement calme, quel abruti laisserait son arme surplace après son meurtre ? Quelle sorte de tribunal m'aurait jugé sans entendre ma défense ?

- Allez-vous me suivre sans faire de résistance..., demanda le Chiss après un bref silence, ou devons-nous employer la manière forte ?

Tibèr avait évaluer la situation, il était seul, contre une escouade entière de soldats de choc en armure. Enfin, ils étaient un et demi avec un Tencho que l'alcool avait pas mal entamé. Il avait de bonnes chances de maîtriser le chiss, et peut être même d'abattre le stormtrooper derrière lui. Mais les autres allaient poser problème. Il serait peut être mieux inspirer d'attendre d'avoir une meilleure occasion. Quoiqu'il en soit, le fait qu'on l'ait jugé avant de l'avoir arrêté ne disait rien qui vaille à Tibèr.

- Très bien, je vais vous suivre...

Tibèr attendit que son interlocuteur se détende pour frapper...
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Re: Personne n'aime les héros de guerre en temps de paix

Messagepar L'Observateur » 13 Août 2015, 13:05

"Quelle sorte de tribunal m'aurait jugé sans entendre ma défense ?" La meilleure sorte de tribunal, Colonel Sevirian, se retint de répondre le Chiss. Son visage ne laissait pas transparaître la satisfaction qu'il ressentait à appréhender le soldat. Son expression restait désespérément menaçante et surtout déterminée. Pour lui, la culpabilité de Tibèr n'était plus à prouver. Et il n'attendait qu'un prétexte pour lâcher ses hommes sur lui, à cinq contre un si c'était nécessaire pour le maîtriser. Le Leader Aurek allait-il lui donner ce prétexte ? Il sembla d'abord que non : le Colonel accepta de se rendre, provoquant une exclamation d'indignation de Tencho.

- C'est une blague ! Vous n'avez pas le droit !
- Vous faites le bon choix, Sevirian
, affirma le Chiss en rangeant son blaster. Passez-lui les menottes, dit-il en se retournant, convaincu que Tibèr n'allait plus lui offrir de résistance.

Bien mal lui en prit. Le soldat n'avait jamais eu l'intention de le suivre bien sagement. A peine eut-il le dos tourné que Tibèr passa à l'acte... Mais c'était sans compter sur la perception et les réflexes de sa cible, ainsi que les quelques grammes d'alcool qu'il avait dans le sang (pas autant que Ahui, mais suffisamment après quelques verres...). Le Chiss lui attrapa vigoureusement le poignet juste avant que le poing fermé du soldat ne l'atteigne au visage. Il n'en resta pas là et le fit tomber en arrière avec un balayage digne d'un athlète de haut niveau. Sous les cris des civils horrifiés, il écrasa ses pieds sur le cou de Tibèr, allongé sur le dos et légèrement confus. S'il n'était pas blessé, il était en revanche bien humilié.

- Vous ne faites qu'arranger mes affaires, murmura l'agent assez bas pour n'être entendu que de sa victime. Il appuya un peu plus sur la trachée de l'Humain. Un sourire mauvais s'étira sur les lèvres du Chiss. Il prenait plaisir à le soumettre comme un chien.
- Kassan !, s'exclamèrent deux des stormtroopers en s'approchant au pas de course, fusils blaster levés.
- Tout est sous contrôle, les rassura-t-il en perdant son sourire.
- Merde !, cria Tencho. Il parvint enfin à échapper au soldat en profitant de son inattention pour lui donner un coup de pied dans les valseuses. Tibèr !
- Reculez, ou je serai forcé de faire feu !
, hurla le Chiss en dégainant son blaster à nouveau.
- Que dois-je faire ?!

Tencho était désespéré. Face à ces ennemis, que pouvait-il faire ? Y avait-il une instruction ou un ordre à exécuter qui pourrait sauver la situation ? Celle-ci avait complétement échappé au contrôle d'Aurek. Et les choses n'allaient pas s'arranger...

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Messagepar Tibèr Sevirian (Le Bourreau) » 13 Août 2015, 13:33

"Ne jamais partir sans combat", tel était le principe qu'avait suivi Tibèr. Désormais, bien qu'en mauvaise posture, le stormcommando n'en avait pas assez de se battre. Il obéissait maintenant à un autre principe : ravager la tronche de cet arrogant officier à peau bleu. Rassemblant ses forces pour tenter de renverser son adversaire au sol. Tibèr s'élança brusquement pour faucher la jambe de son adversaire et precipita un bras pour bousculer le chiss au sol. Il savait visiblement se battre mais Tibèr aussi. Si il comptait le collait derrière les barreaux, Sevirian ne lui ferait pas le plaisir de l'y suivre docilement...
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Messagepar Tibèr Sevirian (Le Bourreau) » 13 Août 2015, 13:53

Tibèr chassa la jambe que le chiss pressait sur sa gorge. Ce dernier fût déséquilibré et Sevirian acheva de l'envoyer au sol en tirant sèchement sur le col de l'officier. Alors que ce dernier s'étalait au sol, Tibèr se dressa au dessus de lui. Il lui maintenait le bras tendu grâce à une clé et, au poing que le colonel serrait, il comprit que Tibèr n'avait pas l'intention d'en rester-là. Sans hésitation, Tibèr frappa derechef le chiss, mais au visage cette fois. Motivé qu'il était a marquer le chiss de cette rencontre, et malgré la présence des soldats de choc, qui ne tarderaient pas à intervenir...
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Messagepar L'Observateur » 13 Août 2015, 13:55

L'agent Chiss y réfléchirait probablement à deux fois avant de tourner le dos à un suspect la prochaine fois. Une seconde de distraction pouvait bien souvent être fatale... Heureusement pour lui, il allait s'en tirer sans blessures graves, mais s'il fallait désigner un gagnant à leur petite mascarade, c'était bien Tibèr. Au moins, son humiliation serait vengée.
Tout se passa très rapidement. Alors qu'il était encore au sol le cou écrasé par la botte du Lieutenant-Commandant Chiss (ou Kassan, le titre par lequel ses hommes l'avaient appelé), Sevirian lui dégagea la jambe à la force de ses bras. Brièvement déséquilibré, et peut-être surpris de voir sa proie continuer de résister alors qu'il avait l'habitude de voir ses victimes se rendre après quelques avoir eu le cou piétiné une quinzaine de secondes, il fut jeté par terre à son tour. Les rôles étaient inversés. Le Colonel se dressait au-dessus de lui, en position de force ; il le maintenait immobilisé au sol d'un bras et, de l'autre, se préparait à le vriller de coups. Le Lieutenant-Commandant essaya vainement de se dégager mais il était trop tard. Le choc du poing de Tibèr sur son nez provoqua un son sinistre en se brisant.

Plus loin, Tencho aussi se donnait en spectacle. Il rouait de coups le soldat qui l'avait pris à part. C'était sauvage. L'armure du stormtrooper atténuait les impacts et il se faisait des bleus à force de frapper mais rien ne pouvait l'arrêter. Tout cela ne dura que quelques secondes, quelques longues secondes qui passèrent au ralenti... Avant que tout ne revienne brusquement à la vitesse normale. Plusieurs mains tirèrent Tibèr de force. Il avait beau se débattre, le nombre jouait contre lui : il était maintenant impossible de se défaire de leur emprise, l'inévitable n'avait été que retardé. Au moins, il avait réussi à affirmer sa supériorité sur le Chiss. Celui-ci se relevait doucement, une main sur son nez ensanglanté. Il n'avait plus le visage menaçant. Il affichait une masque neutre, et cela même alors qu'il approchait de Tibèr, maîtrisé par les soldats.

- J'espère que votre séjour en prison ne sera pas trop désagréable, Colonel.

Il fit craquer ses doigts puis serra soigneusement le poing, à quelques centimètres du visage de Tibèr, toujours sans défense. Il le frappa alors avec toute la force dont il était capable. La vision de l'Impérial se troubla alors qu'il sentait un liquide chaud couler sur son visage. Pour en finir avec lui, un soldat lui donna un violent coup de crosse dans l'arrière du crâne. Avant de sombrer dans l'inconscience, il entendit :

- Que fait-on de lui ?
- Vous ne vous en tirerez pas comme ça !, cria furieusement Tencho avant de cracher sur le casque du stromtrooper le plus proche.
- Emmenez-le aussi. On aura peut-être une utilité pour lui.

Et tout laissa place au noir et au silence.

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Messagepar L'Observateur » 13 Août 2015, 14:57

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La Prison de Haute-Sécurité de Bastion

Deux jours plus tard... Prison de Haute-Sécurité de Bastion, cellule B-214
L'Empire avait abandonné Tibèr Sevirian. En deux jours, il était passé du statut de Colonel à moins-que-rien. Dans l'établissement où il avait été enfermé, il était traité pire qu'un animal. Lors de son premier jour à la prison, on l'avait emmené en salle d'interrogatoire où un homme masqué lui avait présenté des documents improbables. D'après ceux-là, Tibèr était un agent double, recruté ou endoctriné par la Coalition Dissidente entre 92 et 200. Sauf s'il était fou, c'était évidemment faux, mais toutes leurs preuves paraissaient si réelles ! Et pour en être arrivé là, au fond d'une cellule, surveillé 24h/24, c'est que ces preuves avaient été suffisantes pour ceux qui l'avaient jugé. Le procès, parlons-en : il avait eu lieu quelques heures avant son arrestation. Ce n'était que pour faire bonne mesure. Les gens qui avaient monté ce complot contre lui avaient tout fait pour qu'il soit jugé coupable. Ils avaient même utilisé la mort de Fawkes et Cobuï contre lui ! Ces chiens n'hésitaient pas à s'abaisser à ce niveau. Les ennemis de Tibèr ne reculaient devant rien et ils avaient le bras long. Le Chiss était-il un simple sbire qui exécutait les ordres ou bien l'un des cerveaux de ce complot ?

Malheureusement, Tibèr ne vivrait pas assez longtemps pour connaître le fin mot de l'histoire. Son exécution était prévue pour le lendemain soir. Et il n'avait même pas le droit de voir sa femme et ses enfants, il était dans l'isolement le plus total. Tel était le sort réservé aux pires traîtres. A part à l'inconnu qui l'avait interrogé (et interrogé était un bien grand mot : il avait fait les questions et les réponses, dévoilant preuve irréfutable sur preuve irréfutable, ne lui laissant aucune opportunité de se défendre), il n'avait parlé à personne en deux jours. Il commençait à perdre la notion du temps lorsqu'il entendit un signal sonore venant de l'extérieur de sa cellule. Quelqu'un approchait. Après quelques secondes, une lumière rouge au-dessus de sa port se mit à clignoter. Il n'avait aucun moyen de s'échapper car un champ de confinement coupait la pièce en deux, il ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre de voir qui arrivait sans aucune possibilité de le neutraliser et lui subtiliser une arme ou un autre outil...

- Bonjour, Frère Tibèr, lança soudain une voix inconnue alors qu'une femme pénétrait dans sa cellule. Conformément à votre volonté dans le cas où vous seriez face à la mort, l’Église de Bothawui m'envoie pour vous accorder l'Absolution. Je suis la Soeur Rhea.

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Soeur Rhea
"Vous ne vous seriez pas trompé de cellule ?"

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Messagepar Tibèr Sevirian (Le Bourreau) » 13 Août 2015, 15:35

Seul dans sa cellule, Tibèr Sevirian avait des envies de meurtres. Traité comme un chien galeux après 30 ans de service, mieux valait à certains que cet homme ne sortent jamais de cette prison. Cela aussi, les responsables de cette farce l'avait prévu. Celui qui l'avait interrogé, avait triomphalement annoncé la sentence prononcée pour sa trahison : la mort. Si il s'était attendu à une quelconque réaction du prisonnier, il dût être déçu. Tibèr n'avait rien laissé filtrer de ses états d'âmes. Dans l'obscurité de sa cellule, son esprit dériva vers sa famille. Était-elle sauve ? Leur avait-on raconté que Tibèr était un traître ? Serrant les dents autant par inquiétudes que par colère, il se força à purger son esprit de ses doutes. Cette endroit était le dernier endroit où montrer une faiblesse. Au prix d'un certain effort, Tibèr recouvra son calme froid et déterminé. Il ne savait pas depuis combien de temps on l'avait cloîtré ici, il n'avait eût d'autres contacts que celui qui lui avait exposé ses méfaits imaginaires.

Dans l'entrée de la cellule, la porte coulissa quelques secondes a peine après qu'un champ de confinement n'isole la cellule en deux partie. Une femme entra :

- Bonjour, Frère Tibèr. Conformément à votre volonté dans le cas où vous seriez face à la mort, l’Église de Bothawui m'envoie pour vous accorder l'Absolution. Je suis la Soeur Rhea.

Tibèr laissa passer plusieurs secondes avant de réagir. Il n'avait jamais entendu parler de l'Eglise de Bothawui. Aussi resta t'il méfiant face à cette femme qui lui laissait une mauvaise impression.

- Vous m'en voyez ravi... fût la seule chose qu'il parvint à répondre.

Il était plongé dans une certaine perplexité ; Qui était-elle ? Une femme venu lui suggérer de confesser tous les faits qui lui étaient reprochés ? La trahison envers l'Empire ? Son soit-disant endoctrinement ? Le meurtre de ses hommes ? Même ça ils avaient eut le culot de lui mettre sur le dos. Retranché derrière un froid détachement, bien qu'avec le visage fatigué par les derniers jours, Tibèr fixait sa visiteuse on ne peut plus curieuse...
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Re: En temps de paix, personne n'aime les héros de guerre

Messagepar L'Observateur » 13 Août 2015, 16:05

Ravi ? Non, la tête de Tibèr était loin d'être ravie. Il était méfiant... Et il avait toutes les raisons de l'être. La Soeur hocha la tête en silence.

- Vous avez 15 minutes !, beugla une voix de l'extérieur avant que la porte ne se referme.
- C'est plus qu'il ne m'en faut, répondit-elle trop tard pour être entendue. Elle s'installa en tailleur devant le champ de confinement. Sans accorder un regard au prisonnier, elle posa devant elle la sacoche qui l'accompagnait et en sortit un datapad.

- Tibèr Sevirian... Vous avez intégré notre Église en 192, souvenez-vous. Mais vous n'avez plus mis les pieds dans un de nos temples depuis au moins dix ans. Il y a longtemps que vous vous êtes détourné de nous et de Sa miséricorde. Ne pensez-vous pas qu'il est grand temps de Lui pardonner, comme Il vous a pardonné ? Ce n'est qu'ainsi qu'Il vous acceptera dans Son royaume après l'inévitable fin de votre Essence.

Alerte à la folie. Restez cloîtrez chez vous et bouchez-vous les oreilles. La Soeur Rhea se mit à psalmodier des chants religieux, le visage penché sur son datapad. Toujours assise, elle le manipula en chantant. Après quelques secondes, un bip se fit entendre. Elle leva alors la tête vers Tibèr et expliqua précipitamment :

- J'ai désactivé les caméras, nous n'avons que quelques secondes. Vous n'êtes pas seul, Colonel, murmura-t-elle juste assez fort pour qu'il entende. Votre femme et vos enfants sont en sécurité. Pas le temps d'entrer dans le détail. Ce soir, vous allez être exécuté par injection létale. Avant que le droïde ne procède à l'injection, criez le nom de votre escouade. C'est tout ce qu'il y a de plus sérieux.

Un autre bip retentit, suivi de deux autres à intervalle très bref. Elle rebaissa les yeux sur son écran et reprit son chant. La lumière au-dessus de la porte s'alluma juste avant que celle-ci ne s'ouvre, laissant passer le garde de la cellule. Il avait l'air un peu confus mais sembla se calmer en voyant que tout était en ordre. Rhea l'ignora et continua son chant rituel sans s'inquiéter.

- Encore du statique... Tant mieux..., dit-il en déglutissant. Il semblait croire que la caméra avait perdu son image à cause d'une simple défaillance. Vous avez encore cinq minutes, Prêtresse, dit-il se grattant le haut du crâne avant de sortir.

La prêtresse continua sa psalmodie pendant quatre minutes. Elle avait l'air d'une véritable "Sœur de l'Église de Bothawui", rien d'autre... Pourtant, Tibèr n'avait pas rêvé. Elle était envoyé par quelqu'un pour l'aider. Il y avait encore de l'espoir. A la fin de son chant, elle rangea son datapad puis se leva.

- Frère Tibèr, n'oubliez pas : Il vous attend, et Il vous guidera. Avez-vous une dernière inquiétude avant que votre Essence ne quitte ces lieux ?

Re: En temps de paix, personne n'aime les héros de guerre

Messagepar Tibèr Sevirian (Le Bourreau) » 13 Août 2015, 16:34

L'Impérial commençait à se demander si quelqu'un quelque part n'avait pas décidé de se payer sa tête pour le dernier jour qui lui rester à vivre. Tibèr ne doutait pas que la scène ne manquait pas de ridicule...

- Tibèr Sevirian... Vous avez intégré notre Église en 192, souvenez-vous. Mais vous n'avez plus mis les pieds dans un de nos temples depuis au moins dix ans. Il y a longtemps que vous vous êtes détourné de nous et de Sa miséricorde. Ne pensez-vous pas qu'il est grand temps de Lui pardonner, comme Il vous a pardonné ? Ce n'est qu'ainsi qu'il vous acceptera dans Son royaume après l'inévitable fin de votre Essence.

La jeune femme psalmodiait encore des chants religieux devant un prisonnier qui eût le mérite de ne pas montrer sa confusion, puis un bip vint interrompre la femme qui changea alors radicalement de discours, quoique sur un ton toujours bas.

- J'ai désactivé les caméras, nous n'avons que quelques secondes. Vous n'êtes pas seul, Colonel.

Soeur Rhéa, ou celle qui s'en donnait le nom, le rassura sur la situation de sa famille, avant de ne pas perdre de temps et entrer dans le vif du sujet avec une précision toute militaire et sans faire dans le détail. Avant l'injection létale de ce soir, il devrait crier le nom de son escouade. Le plus ridicule semblait donc a venir, si cette mesure s’avérait vaine.

- C'est tout ce qu'il y a de plus sérieux, ajouta t'elle comme pour dissiper ses doutes.

Puis la porte s'ouvrit pour laisser la place au garde, qui venait s'assurer que rien ne se passait de travers. Bien que perplexe, Tibèr devait bien admettre que la prestation de la visiteuse était on ne peut plus bluffante. Tibèr n'avait jamais était sujet à de la folie, aussi était-il a peu près certain de ne pas halluciné malgré malgré cette étonnante tournure des événements.

- Frère Tibèr, n'oubliez pas : Il vous attend, et Il vous guidera, enregistra l’intéressé, se demandant si il y avait un message caché là-dedans aussi.

- Avez-vous une dernière inquiétude avant que votre Essence ne quitte ces lieux ?

- L'un de mes camarades aurait besoin d'une absolution, si vous pouvez y faire quelque chose. Ahui Tencho.
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Re: En temps de paix, personne n'aime les héros de guerre

Messagepar L'Observateur » 13 Août 2015, 17:14

- Frère Ahui a été relâché, expliqua sa visiteuse. La gravité de ses crimes n'atteint pas celle des vôtres, il n'a pas besoin de Son absolution... Mais vous le reverrez.

Sœur Rhea regarda Sevirian droit dans les yeux. Pendant une seconde, elle abandonna son masque de prêtresse stoïque. Elle avait l'air triste et en colère. Pourquoi ? Tibèr ne pouvait que spéculer, ou bien attendre des réponses... A condition que son évasion se déroule comme prévu, ce qui était encore assez incertain. Rhea hocha la tête et reprit son expression précédente.

- Nous nous reverrons de l'autre côté, dans Son royaume. Paix sur vous, Frère Tibèr.

Rhea rassembla ses affaires et se dirigea vers la sortie de la cellule. Après avoir pressé l'interrupteur, elle se retourna brièvement et lança un regard entendu au prisonnier. Il n'était pas seul. Là-dessus, le témoin lumineux de la porte s'alluma et celle-ci s'ouvrit pour la laisser sortir. Les prochaines heures allaient être longues...

Trois heures plus tard...
- J'espère que c'était bon, demanda l'un des gardes qui escortait Tibèr hors de sa cellule.

Il parlait, bien sûr, de son dernier repas. Un traître à l'Empire n'avait donc pas le droit de voir ses proches avant d'être exécuté mais choisir son menu n'était pas un problème. A moins que sa famille n'ait déjà quitté Bastion ? C'était peut-être pour ça que la prison avait refusé de les laisser visiter. Le garde qui prenait la tête de l'escorte était un peu trop familier et décontracté.

- C'est quand même fou ! Vous avez reçu la médaille de l'unité et accompli tous ces exploits que je peux même pas imaginer... Et finalement, vous étiez dans le camp de l'ennemi depuis le début ? J'arrive pas à y croire !

Il avait l'air sincère, mais ça ne faisait aucune différence. Les quatre autres gardiens restaient silencieux, ils avaient appris à ne pas parler aux prisonniers qu'ils escortaient à la chambre d'exécution. Rester détaché du condamné rendait sa mort plus supportable. Le garde bavard devait être nouveau...

- Ah la la... C'est vraiment dingue. Vous étiez un peu un héros quoi ! J'ai un camarade à qui on a fait une Sevirian à l'académie... Grmbl...

Re: En temps de paix, personne n'aime les héros de guerre

Messagepar Tibèr Sevirian (Le Bourreau) » 13 Août 2015, 17:58

Retourné à l'obscurité ambiante de sa cellule de détention, Tibèr attendait l'heure de sa mort. Plus serein qu'il ne l'avait été quelques heures plus tôt : Sa famille était à l'abri, et Tencho n'avait pas été inquiété par la pseudo-justice qui prenait Tibèr pour cible. Quant à Tibèr lui même, la mort n'était, peut être, pas encore prête à lui sourire. "Vous n'êtes pas seul !". La phrase de Soeur Rhéa était annonciatrice d'un dernier espoir de survie. Il ne savait pas ce qui se passerait lors de son exécution, mais il était certain qu'il allait devoir avoir recours à la violence, d'une manière ou d'une autre. Se préparant mentalement, Tibèr dévora sa côte de Nexuu à la sauce Corellienne, accompagnée de patates : son dernier repas avant "qu'il ne passe de l'autre côté".

Une heure plus tard (à moins que ça ne soit deux heures après), un groupe de gardes vint le chercher pour le conduire dans la salle de l’exécution.

- J'espère que c'était bon, demanda un garde auquel Tibèr répondit par un simple haussement d'épaules.

Le groupe déambula dans un vaste couloir aux parois transparentes qui donnait sur une cour, où des centaines d'autres cellules étaient visibles. De nombreuses autres cellules jouxtaient le couloir que les six hommes remontaient en direction d'une scellée deux fois plus imposante que les autres portes visibles. Franchissant un poste de sécurité, Tibèr et ses geôliers ressortirent vers une des trois issues que proposaient la pièce pour entrer dans un autre accès, plus petit et moins bien éclairé.

- C'est quand même fou ! Vous avez reçu la médaille de l'unité et accompli tous ces exploits que je peux même pas imaginer... Et finalement, vous étiez dans le camp de l'ennemi depuis le début ? J'arrive pas à y croire !

Le ton de l'homme n'était pas sarcastique, il était sincère, mais Tibèr l'ignora. Mais il y avait quelque chose de rassurant dans ses propos, cependant. Les états de service exemplaires de Tibèr rendaient (pour certains) difficile à gober le fait qu'il ait pût être un traître.

- Ah la la... C'est vraiment dingue. Vous étiez un peu un héros quoi ! J'ai un camarade à qui on a fait une Sevirian à l'académie... Grmbl...

La mention de la Sevirian manqua de faire sourire le vétéran. La jeune recrue qu'il avait été s'était retrouvée avec une grenade sur le casque. "Ramène moins sa grande gueule, hein Sevirian ?" avait clamé le sergent-instructeur. La sanction avait finit par porter son nom, avec le temps. Son instructeur avait été un sacré fêlé, il devait être à la retraite de nos jours... Ce fumier leur en avait fait baver, mais cette période était celle où Sevirian avait les meilleurs souvenirs de sa jeunesse.

Le condamné à mort pénétra dans la salle où l’exécution allait être rendue... Au centre, une table était disposée au milieu de l'éclairage. A côté d'elle, le droïde-bourreau préparait le produit létale nécessaire à l’exécution. Le reste de la salle était mal éclairée, si bien qu'on ne distinguait pas ce qui se trouvait dans l'ombre. Lentement, Tibèr et son escorte se dirigèrent vers la table...
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